← Tous les articles

Pourquoi j'ai mal pendant mes règles et que personne ne m'explique vraiment pourquoi

Jade Rouget
Soins corporels, émotionnels et énergétiques · 29 août 2026

Vous connaissez ce moment : la veille ou le premier jour des règles, le bas-ventre se serre, parfois jusqu'au dos, jusqu'aux cuisses. Vous avez peut-être entendu dire que c'est "normal", qu'il faut faire avec, qu'une pilule ou un antidouleur suffira. Mais personne ne vous a vraiment expliqué ce qui se passe dans votre corps à ce moment précis, ni pourquoi cette douleur revient mois après mois avec la même intensité, ou pire.

Cet article n'a pas pour but de remplacer un avis médical : si vos douleurs sont fortes, invalidantes, ou s'aggravent, il est essentiel d'en parler à un gynécologue, car certaines causes comme l'endométriose nécessitent un diagnostic précis. Mais entre le silence et l'ordonnance systématique, il existe un espace pour comprendre ce qui se joue physiologiquement et parfois émotionnellement dans ces douleurs cycliques. C'est cet espace que je veux ouvrir avec vous ici.

Dans mon cabinet à Monteux, je reçois régulièrement des femmes venues de Carpentras, Pernes-les-Fontaines ou Sarrians qui me disent la même chose : "On m'a toujours dit que c'était normal d'avoir mal, alors je n'ai jamais cherché à comprendre pourquoi." Or comprendre les mécanismes de la douleur change déjà quelque chose : cela permet de sortir du sentiment d'impuissance et de commencer à agir, sur le plan corporel comme émotionnel.

Ce qui se passe réellement dans votre utérus pendant les règles

Pendant les règles, votre utérus se contracte pour évacuer la muqueuse utérine qui s'est épaissie durant le cycle. Ces contractions sont provoquées par des substances appelées prostaglandines, produites par la paroi utérine elle-même. Plus la production de prostaglandines est élevée, plus les contractions sont fortes, et plus la douleur ressentie est intense. C'est un mécanisme physiologique réel, pas une invention ni une sensibilité exagérée : votre utérus travaille, littéralement, pour se vider.

Ce qui varie d'une femme à l'autre, c'est la quantité de prostaglandines produite et la sensibilité individuelle à ces contractions. Certaines les ressentent à peine, d'autres les vivent comme des crampes profondes qui irradient dans le dos ou les jambes. Cette différence n'est pas une question de "tolérance à la douleur" comme on l'entend parfois : c'est une réalité biologique qui mérite d'être prise au sérieux, pas minimisée.

Il existe aussi des douleurs de règles qui dépassent ce cadre normal des contractions utérines : douleurs qui empêchent de se lever, qui durent bien au-delà des premiers jours, qui s'accompagnent de saignements très abondants. Dans ce cas, il ne s'agit plus seulement de prostaglandines mais potentiellement d'une cause sous-jacente comme l'endométriose, les fibromes ou l'adénomyose. Seul un examen médical peut poser ce diagnostic, et il est important de ne jamais banaliser une douleur qui sort de l'ordinaire.

Pourquoi le bassin garde la mémoire des tensions accumulées

Le bassin n'est pas qu'un organe reproducteur, c'est aussi une zone du corps où s'accumulent les tensions posturales, émotionnelles et parfois même les chocs anciens. Une position assise prolongée, un stress chronique, une respiration bloquée dans le ventre : tout cela contribue à créer des tensions musculaires et fasciales autour de l'utérus et des ovaires. Ces tensions ne créent pas les règles douloureuses à elles seules, mais elles peuvent amplifier la perception de la douleur en réduisant la circulation sanguine et lymphatique dans la zone.

Beaucoup de femmes que j'accompagne à Monteux ou venues d'Althen-des-Paluds et Mazan décrivent une sensation de "blocage" dans le bas-ventre, un ventre qui semble figé plutôt que vivant. Ce ressenti correspond souvent à une réalité physique : un plancher pelvien contracté en permanence, sans que la personne en ait conscience, empêche le bassin de se détendre naturellement pendant les règles. Le travail corporel doux, comme certains massages ciblés sur cette zone, peut aider à relâcher ces tensions accumulées et redonner de la mobilité au bassin.

Ce relâchement n'est pas magique : il demande du temps et de la régularité, car les tensions chroniques se sont souvent installées sur plusieurs années. Mais il existe un lien concret entre la détente du bassin et une diminution de l'intensité perçue de la douleur, notamment parce qu'une meilleure circulation sanguine facilite l'évacuation naturelle des prostaglandines accumulées localement.

Le rôle du système nerveux dans l'intensité de la douleur ressentie

Votre système nerveux joue un rôle central dans la façon dont vous ressentez la douleur, y compris la douleur menstruelle. Lorsque vous êtes en état de stress chronique, votre système nerveux sympathique reste activé en permanence, ce qui maintient les muscles du corps, y compris ceux du bassin, dans un état de contraction. Cet état amplifie la sensibilité à la douleur : une même contraction utérine sera perçue plus intensément si le corps est déjà dans un état de tension généralisée.

C'est pourquoi deux femmes avec un même niveau de contractions utérines peuvent vivre des douleurs très différentes. Ce n'est pas une question de "force mentale", mais un mécanisme neurophysiologique documenté : le seuil de perception de la douleur est directement lié à l'état du système nerveux autonome. Travailler sur la détente profonde du corps, par la respiration, le mouvement doux ou l'accompagnement corporel, peut donc avoir un effet réel sur la façon dont la douleur est vécue, même si elle ne supprime pas la cause physiologique de départ.

Certaines femmes remarquent que leurs douleurs de règles s'intensifient lors de périodes de vie particulièrement stressantes : changement professionnel, deuil, conflit familial. Ce lien n'est pas une coïncidence : le corps traduit souvent en tension physique ce qui n'a pas trouvé d'autre espace pour s'exprimer. Cela ne veut pas dire que la douleur est "psychologique" au sens où elle serait imaginaire, mais que le corps et l'émotionnel fonctionnent en dialogue permanent, particulièrement dans une zone aussi chargée de sens que le bassin.

Ce que les mémoires émotionnelles peuvent avoir à voir avec votre cycle

Dans mon accompagnement, je travaille aussi sur ce que j'appelle les mémoires liées au cycle : des expériences passées, parfois très anciennes, qui se sont logées dans le corps et qui ressurgissent au moment des règles. Cela peut être un rapport compliqué à la féminité transmis par l'éducation, une première expérience douloureuse ou honteuse liée aux règles, ou encore des schémas familiaux autour du corps féminin jamais questionnés. Ces mémoires ne remplacent pas les causes physiologiques, elles s'y ajoutent et peuvent renforcer le vécu de la douleur.

Beaucoup de femmes me racontent avoir grandi avec l'idée que les règles sont "sales", "à cacher", ou que la douleur est "le prix à payer" pour être une femme. Ces messages, reçus parfois sans même en avoir conscience, façonnent une relation tendue au cycle, où le corps est perçu comme un problème à gérer plutôt qu'un processus naturel à accompagner. Ce type de tension psychique se traduit très concrètement par une crispation physique du bassin, qui s'ajoute aux contractions utérines naturelles.

Le travail que je propose autour du cycle, notamment dans l'accompagnement Quand mon cycle me fait souffrir, vise justement à explorer ces deux dimensions ensemble : le corps et son histoire émotionnelle. Ce n'est pas un remplacement du suivi médical, mais un espace complémentaire pour comprendre ce que votre corps porte au-delà de la seule mécanique hormonale.

Des repères concrets pour observer et accompagner votre douleur au quotidien

Avant de chercher des solutions, il est utile d'apprendre à observer précisément votre douleur : quand commence-t-elle, où se situe-t-elle exactement, quelle est son intensité sur une échelle simple, qu'est-ce qui la soulage ou l'aggrave. Cette observation, notée sur plusieurs cycles, donne des informations précieuses à vous-même comme à un professionnel de santé si vous consultez. Elle permet aussi de distinguer une douleur "habituelle" liée aux contractions utérines d'une douleur qui sort du cadre et mérite un avis médical.

Sur le plan corporel, quelques gestes simples peuvent aider à détendre la zone pelvienne au quotidien, en complément d'un suivi médical si nécessaire :

Ces gestes ne remplacent jamais un avis médical en cas de douleur intense ou inhabituelle, mais ils peuvent contribuer à réduire les tensions qui amplifient la perception de la douleur au fil des cycles. Beaucoup de femmes que j'accompagne à Pernes-les-Fontaines ou Aubignan me disent ressentir une vraie différence après plusieurs semaines de pratique régulière de ce type de gestes, combinés à un travail plus profond sur les tensions du bassin.

  • Respirer profondément dans le ventre, en laissant le bas-ventre se gonfler à l'inspiration, plusieurs fois par jour

  • Appliquer une source de chaleur douce sur le bas-ventre pendant 15 à 20 minutes lors des douleurs

  • Marcher doucement même pendant les règles, pour favoriser la circulation sanguine dans le bassin

  • Éviter les positions assises prolongées sans pause, qui compriment la zone pelvienne

  • Noter l'intensité et la localisation de la douleur sur plusieurs cycles pour repérer des schémas

Comprendre ce qui se passe dans votre corps pendant vos règles est une première étape, mais ce n'est pas la seule. Le corps garde souvent des tensions et des mémoires qu'un travail d'observation seul ne suffit pas à dénouer complètement. C'est pour cela que je propose un accompagnement dédié, sur plusieurs séances, pour explorer avec vous ce qui se joue dans votre cycle : les tensions physiques du bassin, mais aussi l'histoire émotionnelle qui s'y est parfois logée sans que vous en ayez pleinement conscience.

Si vous vivez à Monteux ou dans les environs, à Carpentras, Sarrians ou Entraigues-sur-la-Sorgue, et que vos douleurs de règles pèsent sur votre quotidien depuis trop longtemps, n'hésitez pas à venir en parler. Rien ne remplace un avis médical si la douleur est intense ou inhabituelle, mais un accompagnement corporel et émotionnel peut être un vrai soutien complémentaire pour apprendre à mieux vivre avec votre cycle, plutôt que contre lui.